Programme de la conférence
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Daily Overview |
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Politiques linguistiques, diversité et inclusion
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| Présentations | ||
8:45 - 9:15
Entre normes et pratiques : mise en oeuvre des politiques linguistiques éducatives entre la ville de Santa Cruz et la Chiquitanie, à l’est de la Bolivie Université de Montréal, Canada La Bolivie se distingue par une diversité linguistique remarquable. Depuis la Constitution (2009) et les lois 070 (2010) et 269 (2012), l’État a établi un cadre visant la revalorisation des langues autochtones dans une perspective de bilinguisme additif et de bienveillance linguistique (Beacco, 2016: 65) propre aux sociétés plurilingues (Siguan, 2001: 32). Pourtant, la mise en oeuvre révèle un écart persistant entre normes et pratiques scolaires et malgré les avancées normatives, l’espagnol conserve une position dominante, alimentant la diglossie et des formes d’assimilation (Vaca, 2020; Hamel, 1994), avec des effets visibles sur la réussite scolaire (De la Cruz & Heredia, 2019). 9:15 - 9:45
Étude des politiques linguistiques familiales face à la vulnérabilité linguistique dans la diaspora kurde : stratégies et motivations pour la transmission du kurde aux enfants Université Paul Valéry 3, France Le kurde, langue d’un peuple de plus de 40 millions de locuteurs dépourvu d’État-nation, reste largement non reconnu comme langue officielle, à l’exception du Kurdistan irakien depuis une vingtaine d’années. Cette absence de statut institutionnel contribue à sa marginalisation et à sa minorisation, renforçant la vulnérabilité linguistique des Kurdes. Sur leurs territoires historiques — Turquie, Iran, Syrie et Kurdistan irakien — ainsi que dans les diasporas, les Kurdes subissent une forte pression linguistique, conséquence de politiques nationales restrictives et de la domination d’autres langues. Malgré ces contraintes, le kurde survit principalement grâce aux pratiques linguistiques familiales, qui assurent sa transmission. Ces pratiques se déroulent dans des contextes complexes, caractérisés par le plurilinguisme, le multiculturalisme et la coexistence de plusieurs langues, ce qui rend la préservation du kurde plus difficile. La recherche s’intéresse à l’influence des politiques linguistiques familiales sur la transmission intergénérationnelle et sur la vulnérabilité linguistique, examinant dans quelle mesure elles l’atténuent ou l’aggravent. La méthodologie repose sur des entretiens semi-directifs avec cinq familles kurdes résidant en France, Suisse, Allemagne, Angleterre et Belgique. Cette diversité géographique et sociolinguistique permet d’étudier l’impact des politiques linguistiques des pays d’accueil et des pays d’origine sur les pratiques familiales. Les entretiens, centrés sur les parents et au moins un enfant par famille, visent à analyser la transmission du kurde, les stratégies et motivations parentales, ainsi que les obstacles rencontrés face à la domination des autres langues. Les conclusions mettent en évidence le rôle essentiel des familles dans la préservation des langues minoritaires en diaspora. La transmission du kurde dépend des choix familiaux, des contextes sociopolitiques et des dynamiques identitaires. Les références mobilisées — Pesenti, Blanchet, Blondel, Deprez, Costa, Dalgalian, Ennuyer, Lüdi, Py, Barbéris, Walker, Akin & Altinsoy, Haque — éclairent ces enjeux, abordant la vulnérabilité linguistique, le bilinguisme, le plurilinguisme et les stratégies de transmission dans des contextes migratoires. 9:45 - 10:15
Suspicion, altérisation et voix étouffées : analyse praxématique des discours publics et scolaires autour des MNA. Cas du projet d'un village MNA en Ile-de-France Laboratoire Lacnad, Inalco Paris et UVSQ, France Plusieurs rapports institutionnels soulignent le climat de suspicion qui entoure les mineurs non accompagnés (MNA) en France. Nourrie par des discours de contrôle et de doute sur leur « authenticité », cette suspicion dépasse le cadre administratif et se diffuse dans les discours publics, les échanges citoyens et certaines pratiques éducatives. Elle ouvre un continuum de rejet où les MNA sont présentés comme des jeunes à protéger tout en étant perçus comme des corps étrangers à la communauté scolaire. Dans ce contexte, les politiques linguistiques éducatives jouent un rôle structurant : elles font du français la condition première de la reconnaissance scolaire, marginalisant les langues minorées et invisibilisant les répertoires plurilingues. L’analyse praxématique menée ici - fondée sur un corpus réunissant discours institutionnels, commentaires citoyens autour du projet mantais de « village MNA » et un corpus situé en UPE2A - met en lumière une articulation stable entre altérisation linguistique, suspicion sociale et délégitimation linguistique. Méthodologiquement, l’étude s’appuie sur des observations participantes menées dans un atelier de biographie langagière, où les jeunes ont retracé leurs parcours et évoqué les assignations rencontrées. Ces données ont été complétées par des entretiens semi-directifs documentant leur rapport au français, la valeur sociale accordée à leurs langues et les micro-agressions linguistiques subies (« on se moque de ma façon de parler »). L’analyse croisée de ces matériaux révèle plusieurs dynamiques convergentes. Les discours locaux - émanant d’habitants comme d’élus - mobilisent une rhétorique d’« intérêt général » pour justifier l’éloignement du village MNA, tout en assignant ces jeunes à une étrangèité linguistique permanente: accent perçu comme insuffisance, progrès en français considéré comme suspect, plurilinguisme présenté comme carence. Les voix des MNA témoignent d’efforts invisibilisés et d’une position d’élèves « mais pas comme les autres ». Cette communication discute les enjeux glottopolitiques de ces représentations et esquisse les conditions d’une inclusion émancipatrice. 10:15 - 10:45
Évolution des politiques linguistiques en Guinée équatoriale : enjeux et perspectives Laboratoire 3L.AM-Langues, Littératures, Linguistique, Université du Mans (France), France Le Guinée équatoriale compte des langues bantoues et deux créoles. Toutefois, c’est l’espagnol qui assume les fonctions officielles au sein des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Cette langue joue également un rôle prépondérant dans les principaux secteurs du pays : l’enseignement, la presse écrite, les médias audio-visuels et la religion. Pendant la période coloniale espagnole, l’espagnol était la langue unique et obligatoire de l’enseignement, de l’administration et de la justice. Après l’indépendance, la Guinée équatoriale a connu deux politiques linguistiques. De 1968 à 1979, le pays a été marqué par l’affirmations des identités africaines. Les toponymes, la monnaie nationale et les anthroponymes ont été africanisés dans le cadre de la politique de l’authenticité. De 1979 à nos jours, l’usage de la langue espagnole a été renforcé. Sous le spectre de la mondialisation et par pragmatisme économique, la Guinée équatoriale a aussi intégré les espaces francophone et lusophone. Le français et le portugais sont devenus des langues officielles du pays. Les langues bantoues et créoles sont considérées comme des « parties intégrantes de la culture nationale ». | ||